Les Incomplètes en résidence virtuelle au Cube

Les Incomplètes en résidence virtuelle au Cube

_CRÉATION JEUNE PUBLIC ET NUMÉRIQUE_Cahier de bord_

Lundi 1er novembre 2021

Démarrage d’une semaine de résidence virtuelle au Cube. (Merci!)

Poursuite d’une réflexion sur la création numérique, les œuvres web, la virtualité à l’adresse des jeunes publics.

Lancement d’une semaine de partages quotidiens avec notre communauté de professionnel.les en arts vivants pour les jeunes publics.

5 jours pour penser, à voix haute ou dans nos têtes, laisser les questions fuser, trouver des réponses (ou pas).

Une semaine de questions, de tentatives de réponses, d’échanges de points de vue, de rencontres entre praticien.nes, d’intelligence collective, de sensibilités partagées.

Sortir la tête de notre bain de production-création-logistique-administration-planification-adaptation

Émerger de ce feu roulant de projets qui nous essouffle pour sauter dans un autre train qui promet de rouler à vitesse grand V, mais aussi de nous stimuler follement.

Être ensemble, virtuellement. Mais tout de même toucher à ce qui nourrit, ce qui fait sens, ce qui repousse nos propres limites, nous entraîne sur de nouvelles voies artistiques.

Un appel d’air, un souffle sur les braises.

Réfléchir aux enjeux de l’adresse aux enfants par le web, les langages numériques et la virtualité occupe une grande partie de notre espace mental et de notre temps de création, depuis plus d’un an. Les interrogations que ces nouvelles formes appellent chez les créateurs jeune public sont partagées par plusieurs de nos collègues. On s’est dit que ce serait important de poser un temps de mise en commun et de faire un état des lieux de ce qui se fait, de ce qui nous habite, de ce qui nous inquiète, de ce qui nous propulse.

Des questions, plein de questions

Laurence et Audrey se demandent :

Comment occuper les espaces virtuels avec des enfants et pour des enfants ?

Comment s’emparer du Web de façon pertinente et sensible en s’adressant aux enfants ?

Qu’est-ce que ça veut dire la virtualité versus le tangible pour un enfant ? Sont-ils capables de faire la distinction entre ce qui est virtuel et tangible ? Et si oui, à partir de quel âge ?

Est-ce que les langages numériques et la virtualité peuvent cohabiter avec les langages de la matérialité?

Est-ce que c’est possible d’être renversé, bouleversé, de frissonner au contact d’une œuvre qui nous parvient à travers un écran ?

Est-ce qu’on peut ressentir les mêmes sensations, les mêmes émotions à travers une œuvre virtuelle ou numérique qu’avec œuvre matérielle?


_ Le développement du cerveau et présence à l’écran

Une conférence d’Adeline Dubreu-Béclin, psychologue clinicienne, présentée sur Zoom le lundi 1er novembre 2021 à 9h30

Présentation de résultats de recherches validées par la communauté scientifique sur la surconsommation d’écrans durant la petite enfance. Tour d’horizon des apports de la psychologie du développement permettant de comprendre les besoins fondamentaux du jeune enfant et de ce fait, ce que les écrans ne lui apportent pas et en quoi ils peuvent entraver certaines acquisitions. Sensorialité, repérage temporo spatial, capacités d’attention et de concentration… Adeline Dubreu-Béclin abordera aussi l’importance du jeu dans la croissance psychique et le développement de l’empathie.

Adeline Dubreu-Béclin est psychologue clinicienne, docteur en psychopathologie, spécialisée dans la prise en charge des enfants, adolescents et dans le soutien à la parentalité. Membre de l’Association « 3-6-9-12, Apprivoiser les écrans et grandir » de Serge Tisseron.

_ Cette activité fait partie du cycle de conférences LES SAVOIRS EN PARTAGE présenté par Le Cube et la Maison Théâtre.


Ce qu’on retient en vrac

59% des 7-8 ans sont sur Youtube à tous les jours.

36% des 7-12 ans ont leur propre tablette

59% des 7-12 ans ont leur propre téléphone mobile

Les 7-12 ans passent en moyenne 6h10 par semaine sur le web (!!!)

Les 1-6 ans passent en moyenne 4h par semaine sur le web (!!!!!!)

Les enfants consomment majoritairement leur tablette comme une télévision, ils regardent des vidéos.

*données françaises. Mais bon, tout de même.

Il fut un temps où regarder un film ou une émission était un temps partagé, familial, une expérience collective. La télévision était un écran partagé, qui nécessitait des interactions quant à son utilisation. Aujourd’hui, une maisonnée comprend en moyenne 5,5 écrans. Donc bien souvent 1 écran pour 1 personne. Le contact à l’écran est une expérience solitaire.

Les écrans : s’en servir pour apprendre à s’en passer.

Apprendre aux enfants à s’auto-protéger et s’auto-diriger dans les espaces numériques.

La solitude de l’expérience d’écran est globalement un frein au développement sain des enfants et des adolescents.

NOUS SOMMES DES ÊTRES MONOTÂCHE !!!

NOTRE CERVEAU N’EST PAS FAIT POUR FAIRE PLUSIEURS CHOSES À LA FOIS

Dans le cadre de la création ou de toute expérience liée à l’écran:

Favoriser l’accompagnement

Favoriser l’expérience partagée

Favoriser la rétroaction

Favoriser le dialogue

Favoriser l’empowerment des enfants face à leur utilisation du web.

Ce qui nous interroge en vrac

Comment réussir à créer des œuvres virtuelles qui permettent de stimuler le partage et la collectivité plutôt que l’individualité?

Comment favoriser la notion de partage de l‘expérience artistique entre l’enfant et un adulte, quand une oeuvre est diffusée sur le web? Comment s’assurer que ce partage se fait ?

Est-ce la responsabilité du créateur de mettre en place des espaces/outils/contextes de partage, de dialogue autour de son oeuvre numérique?

Est-ce éthiquement acceptable d’ajouter encore du contenu sur le web alors que les enfants passent déjà tant de temps sur le web?

Est-il possible d’amener la richesse des arts vivants (mouvement, décodage émotionnel, empathie, multi-sensorialité, contemplation, niveaux de langages multiples…) dans les formes virtuelles?


Mardi 2 novembre 2021

 

Deuxième matinée de notre résidence virtuelle.

Joie d’être rassemblées avec des artistes qu’on aime et qu’on admire !

 

LES QUESTIONS autour desquelles on a tourné:

Comment créer des expériences sensibles et intimes quand on amène le théâtre et l’art dans l’espace virtuel?

Quelle intimité est possible dans la virtualité?

Comment faire pour ancrer le réel dans l’expérience virtuelle ?

Quoi mettre en place pour s’assurer que l’expérience du spectateur soit le plus près possible de ce qu’on a envie de convoquer?

Comment stimuler le sentiment d’engagement du spectateur dans une oeuvre virtuelle? Comment faire en sorte qu’il soit partie prenante et n’ait pas envie d’aller faire sa vaisselle?

Quelle est la place des diffuseurs dans l’aventure des formes virtuelles?


_ Théâtre et virtuel – État des lieux

Un panel de discussion présenté sur Zoom le mardi 2 novembre à 9h30.

Panélistes invités:

_ Érika Tremblay Roy | Petit Théâtre de Sherbrooke _ Depuis 2015, la compagnie offre ponctuellement aux enseignants une nouvelle forme d’événement théâtral à vivre avec leurs élèves intitulée les Petites formes voyageuses. Conçue initialement pour être présentée en chair et en os dans les écoles secondaires, la production Nos petits doigts a été entièrement retravaillée afin d’être diffusée sur Zoom.

_ Mireille Camier | Productions Quitte ou double _ La compagnie porte une attention toute particulière à l’exploration de l’espace et du rapport avec le spectateur. Leurs projets crée une rencontre différente et englobante avec le public, afin de mettre de l’avant l’expérience, l’instant présent et la mise en représentation. La production Bluff, par exemple, nécessite un dispositif de téléprésence développé par la Société des arts technologiques [SAT] et qui permet la rencontre entre trois interprètes et trois publics dans trois villes différentes en même temps.

_ Laurence P. Lafaille et Audrey Marchand | Les Incomplètes _ Le projet Nous, berceuses est une œuvre contemplative et interactive sur le web, amenant les enfants de 8 ans et plus à vivre une expérience artistique multidisciplinaire innovante, explorant les thèmes de la solitude, de la transmission, de l’enfance et de la vieillesse à travers la figure de la chaise berçante.

(Animé par Mélanie Dumont)

 


Ce qu’on retient en vrac

La nécessité entraînée par la pandémie et la fermeture des salles a provoqué des expériences heureuses !

Ouvert des terrains de jeu insoupçonnés.

Permis de revisiter des œuvres déjà existantes en les modelant différemment, dans le cas de Mireille Camier et d’Érika Tremblay Roy.

D’inventer de nouveaux chemins de recherche et de création dans notre cas.

 

Tous les projets présentés ce matin étaient de nature très différentes, bien que jouant tous avec les codes et les paramètres d’espaces virtuels. Cela démontre bien à quel point le champ des possibles est vaste!

 

Les trois propositions présentées instaurent une INTIMITÉ, avec un langage qui a priori nous apparaît comme distanciant. Pourtant il permet une réelle familiarité, une incursion dans l’intime.

 

Le théâtre qui n’est pas adapté pour la plateforme passe parfois difficilement la rampe.

Tirer profit des codes offerts par les langages numériques et les paramètres des environnements virtuels, en les inscrivant dans une dramaturgie, permet de créer une œuvre riche qui fonctionne et fait sens. Nécessité de composer avec les codes du numérique ET avec le contexte de réception. Penser au lieu, à l’espace d’où le spectateur recevra l’œuvre et en tenir compte dans l’écriture de l’objet.

 

Certaines propositions convoquent le direct, le temps réel, comme au théâtre.

D’autres se rapprochent plus de l’expérience du livre ou de la visite d’exposition en galerie d’art. Dans ce cas, la réception du spectateur est plus éloignée de l’artiste, se vit dans une intimité, on ne sait pas comment sera reçue l’œuvre.

 

Le réel qui fait irruption dans la représentation théâtrale peut (et doit?) aussi advenir dans la représentation virtuelle. Ce que nous considérons comme un bogue, un pépin technique, peut parfois devenir un élément qui donne un fort sentiment de moment présent aux spectateurs ! Une connexion internet qui s’arrête chez un des acteurs du spectacle devient non pas une erreur technique mais un facteur d’adhésion des spectateurs à ce qu’ils sont en train de vivre ensemble.

Comment faire pour ancrer le réel dans l’expérience virtuelle ?

Quoi mettre en place pour s’assurer que l’expérience du spectateur soit le plus près possible de ce qu’on a envie de convoquer?

 

Accepter de ne pas tout contrôler. Inclure l’aléatoire à l’écriture.

 

Élargir l’assemblée ! Rassembler des publics vivant sur des territoires distincts et les convier dans une expérience collective !

Rejoindre de nouveaux publics, des enfants en classe, des jeunes dont le cursus scolaire, l’éloignement géographique permet difficilement la sortie dans un lieu culturel.

 

Note sur les tiers-lieux

Les espaces virtuels comme des tiers-lieux. Il serait important d’ouvrir une conversation sur la cohabitation entre la diffusion en salle, la diffusion en présence dans des tiers lieux et la diffusion dans les tiers lieux que sont les espaces virtuels. Comment peut-on imaginer que toutes les formes inventées pour ces différents cadres puissent participer d’une écologie artistique ? Comment faire en sorte que la diffusion dans les tiers lieux ne soit pas une menace à la diffusion en salle mais une opportunité de rejoindre des publics empêchés, de drainer des publics dans les salles, une possibilité d’assurer une meilleure fluidité entre les divers projets qui existent? Que les publics aient accès à plus de paroles, de manières diversifiées ?

Comment collaborer entre producteurs et diffuseurs pour que ces formes se rendent vers les publics ?

Comment inventer une nouvelle économie et écologie face à cette réalité ?

 

Liens partagés durant la rencontre

Sur le travail du Petit Théâtre de Sherbrooke: https://www.petittheatre.qc.ca/spectacle/nos-petits-doigts/

Sur le travail des Productions Quitte ou Double : http://productionsquitteoudouble.com

Sur le travail des Incomplètes : https://lesincompletes.com/projets/nous-berceuses/

 

En commentaire dans le fil de la conversation :

De Naibi Esteban à Tout le monde : (10:54 a.m.) : « Bonjour, je voulais partager une expérience que j’ai vécu en tant que spectatrice. C’est très important la réflexion que vous partagez. Il y a une compagnie d’Argentine qui a créé une pièce de théâtre virtuel pendant le confinement. C’était intéressant, avec une vidéo où il y a un narrateur et les spectateurs connectés avec leurs écouteurs (chacun dans sa maison) doivent faire des actions ou réagir selon la narration. Le spectateur était aussi participant, il était comédien en même temps. Voici le trailer: https://youtu.be/i2JN27SgEZU . Pourquoi pas une chose pareille avec les enfants. C’est intéressant aussi car en tant que spectatrice, j’ai ressenti que le théâtre virtuel était pour la première fois vivant. »


_ Théâtre audio – État des lieux

Un panel de discussion présenté sur Zoom le mercredi 3 novembre à 9h30.

 

Panélistes invités:

_ Karine Sauvé | Mammifères _ Les trois épisodes du balado Chansons pour le musée sont disponibles sur différentes plateformes. La compagnie propose d’écouter cette adaptation audio du spectacle du même nom en solo, en classe ou en road trip afin de se laisser surprendre par ce récit touchant et fantaisiste ce concert théâtral rappelant les pouvoirs mystérieux et insoupçonnés de l’art.

_ Jean-François Guilbault | Arrière Scène _ En partenariat avec La Maison Théâtre et Les Gros Becs, L’Arrière Scène développe Le Théâtrophone : une plateforme numérique de théâtre audio dédié d’abord aux publics scolaires où se retrouveront des œuvres issues du répertoire dramatique québécois.

_ Sylvain Perron | Des Confettis _ À l’entrée de l’école, une valise voyageuse s’est posée et elle a une histoire à raconter. La compagnie plonge les spectateurs dans une expérience sonore immersive qui invite au voyage et à la poésie, avive l’imaginaire et met les écrans en quarantaine, grâce à une valise contenant des contes polyphoniques.

(Animé par Martin Boisclair)

 

Mercredi 3 novembre 2021

Déjà la troisième matinée de notre résidence virtuelle, nous sommes déjà à mi-parcours ! Ça passe vite. On a décidé d’y aller en mode dialogue pour le présent compte rendu. On a passé la rencontre à commenter, échanger et laisser fuser les pensées, en direct, pendant les interventions. Une écoute (TRÈS) active, où on s’est permis de mettre sur papier-écran nos impressions et réflexions à chaud. Retour (foisonnant, voire étourdissant) sur le stimulant panel de ce matin THÉÂTRE ET AUDIO.

EN PRÉAMBULE

Laurence — Après 2 matinées nourrissantes, je retiens les mots suivants : INTIMITÉ, SENSIBLE, (R) ASSEMBLÉE. Peu importe la forme, que ce soit dans un théâtre finalement c’est probablement ce qu’on cherche à mettre en place avec la création : une expérience intime, sensible, qui rassemble des humains au cœur de ce qui nous relie.

Audrey —Je retiens que malgré l’apparence de froideur du numérique il est possible de créer des expériences sensibles, intimes et fortes et qu’il ne faut jamais perdre de vue l’importance de créer des moments collectifs, des moments de partage.

Laurence — LES ÉVÈNEMENTS PROFESSIONNELS, LES TEMPS DE RÉFLEXION COLLECTIVE ME FONT TELLEMENT DE BIEN ! NOURRITURE ESSENTIELLE !

Audrey —Ce matin, il a été nommé, hors ondes, que ça serait bien de prévoir des temps de réflexion et de partage d’expérience sur des temps sporadiques échelonnés sur une année, je trouve que ça serait vraiment important et intéressant de mettre en place ces temps pour réfléchir ensemble. Jalonner l’année par des rendez-vous, ça fait rêver. Ça nous permettrait de garder le lien entre nous et de faire grandir nos pratiques au contact des autres. Le numérique a ça de beau, de nous offrir l’opportunité de nous rassembler malgré la distance et les horaires chargés.

Laurence – Oui mets-en, de l’importance de s’autoriser des temps où on sort de la frénésie de nos modes création-production-diffusion pour prendre du recul et du temps pour réfléchir, connecter avec les autres, se positionner dans un paysage artistique, s’inspirer.

MARTIN OUVRE LE PANEL

Audrey — Wow !!! Quel panel riche nous avons ce matin !!! C’est incroyable comme les expériences audio se sont multipliées et c’est chouette de voir qu’on retrouve bien l’unicité de chaque compagnie dans ces nouvelles propositions audio ! Il y a de la place pour que chacun puisse y développer sa démarche artistique.

Laurence — Moi je suis tout de même épatée par la créativité, la capacité de renouvellement des compagnies jeune public. Tant de projets qui ont sorti les créateurs/trices de leur zone de confort. Karine nous parle de formes multiples. Chansons pour le musée sous forme de balado, d’album, d’extension web-médiation et puis de spectacle vivant !

Intervention de Karine Sauvé. Un court temps.

Audrey — Comment transmettre (mettre au monde) ces projets qui nous habitent mais qui ne peuvent plus exister dans la forme prévue, imaginée au départ? Laisser de la place à l’étonnement, à l’exploration, au tâtonnement… Se laisser la possibilité de se surprendre soi-même, de se laisser surprendre par les autres… Accepter d’aller se nourrir auprès d’autres créateurs. Se permettre d’explorer ensemble un nouveau médium. Partir de ce qui résonne en nous et tenter de trouver la meilleure manière de pouvoir l’exprimer avec les possibilités ou les contraintes du moment.

Laurence —Je trouve que ça nous rejoint beaucoup. Chez Les Incomplètes, on travaille de cette façon depuis longtemps : tourner autour des mêmes matières pour développer plusieurs productions qui prennent racine à partir de la même souche. Ici le contexte pandémique à permis à des artistes de faire cette exploration de variation sur une forme initiale, c’est vraiment riche je trouve. Explorer le spectre des possibles à partir d’une proposition et la voir se déployer sous différents jours.

Audrey —Il faut rester à l’écoute de ce qui naît dans la recherche, parfois on se surprend à découvrir des possibilités insoupçonnées de nos œuvres. Leur pouvoir de déploiement est souvent plus vaste… Créer des oeuvres corollaires à une oeuvre, permet de multiplier des manières d’entrer en contact avec nos publics et même de varié les publics…

Audrey —L’importance des partenaires dans la création de ces œuvres atypiques est primordiale ! Karine a eu de beaux échanges avec ses partenaires de diffusion pour mener à bien cette nouvelle idée d’adaptation, propositions hors diffusion normale. Sans eux ça n’aurait sans doute pas pu se faire ou du moins pas de cette manière. C’est important de se sentir accompagné en tant qu’artiste par les partenaires de diffusion.

Deux premières phrases de Sylvain Perron.

Laurence — REJOINDRE LES ENFANTS, OFFRIR DE LA POÉSIE par tous les moyens.

Audrey : LE PLAISIR D’ALLER À LA RENCONTRE DES ENFANTS LÀ OÙ ILS SONT !

Laurence : ON EST EN FEU !!! 😉

Laurence : Et si toute cette drôle d’aventure de réinvention pandémique nous avait offert la possibilité de mieux nous ancrer sur notre territoire ? Multiplier les prises de contact avec les enfants du Québec, partout au Québec. Présenter nos œuvres à l’international a été un grand bonheur, une chance inouïe, mais le contact avec nos enfants, ici, m’a toujours manqué. J’espère vivement que la diffusion québécoise se voit enrichie, multipliée.

Audrey : Le plaisir qu’offrent ces œuvres numériques/sonores (La Voyageuse est un si bel exemple), de voyager et de rejoindre des enfants qui sont loin à qui nous n’aurions pas accès aussi facilement, c’est beau ! Ça nous permet d’abolir certaines limitations territoriales. Et puis avec les valises voyageuses, l’expérience se vit en groupe ! On revient toujours à cette importance de l’expérience COLLECTIVE.

Un temps. Pas ben long.

Laurence : Jean François parle de radio-théâtre. Revenir à des formes ancestrales, en utilisant les moyens technologiques actuels. Ça correspond bien à notre démarche de mise en lumière des savoirs anciens par la lecture contemporaine !

Audrey : Oui, absolument, ça nous rejoint bien cette idée de remettre à l’honneur des savoirs anciens, mais en le revisitant dans le maintenant et l’aujourd’hui. Ça nous rejoint aussi dans l’envie de travailler le médium sonore pour faire voyager les enfants et créer une dramaturgie du son.

Laurence : C’est vraiment précieux ce que Jean François met en place avec le Théâtrophone, ça me touche beaucoup que notre génération soigne ce que la génération précédente a créé et qu’on réfléchisse à l’inscrire dans le temps, à l’archiver, de manière sensible en plus. C’est une mission noble et importante.

Audrey : OUI !!! TELLEMENT ! L’envie de mettre en valeur notre répertoire. Offrir des relectures des œuvres, pas nécessairement en passant par la scène, mais plutôt par l’audio. Une nouvelle manière de plonger au cœur des œuvres, de les revisiter autrement. ADAPTER les oeuvres pour ce médium TRANSPOSER les œuvres en collaboration avec les auteurs !!! Ce travail de collaboration pour revisiter une œuvre et s’assurer qu’elle pourra garder toute sa richesse dans ce nouveau format, c’est magnifique comme processus, je trouve !!!

Un temps.

Laurence : Sylvain aborde l’importance de respecter notre écosystème. Il faut vraiment travailler main dans la main entre producteurs et diffuseurs, que le lien entre le lieu culturel et les publics des tiers lieux puisse se faire. Ne pas briser la chaîne. On a un défi ici, parce que les compagnies ont été soutenues pour produire des œuvres numériques, mais parfois on a de la difficulté à faire diffuser ces propositions… mais les projets ne peuvent pas rester dans une boîte, on doit les amener vers les publics, non ? C’est un réel enjeu. On le vit clairement avec Nous, berceusesactuellement…

Audrey : C’est important de réfléchir avec d’autres sur la mise en place de ce genre de nouveaux projets afin de bien l’inscrire dans l’offre culturelle et s’assurer que ça sera viable, que ça rassemblera le milieu (et non le diviser) autour d’un projet commun et permettra ainsi de maintenir l’écosystème et de créer des projets porteurs pour le théâtre jeune public ! L’importance de faire appel à l’intelligence collective et les expertises de chacun. e.

Comment faire voyager ces œuvres audio, numériques ou atypiques maintenant que les salles sont ouvertes à nouveau ? Les diffuseurs ont-ils encore envie d’être partenaires de ce type de projets ou souhaitent-ils revenir à la diffusion traditionnelle ? Comment faire pour garder de la place pour ces merveilleuses initiatives, maintenant que les salles sont réouvertes ? Comment faire entendre qu’on a l’impression que se fait enlever le tapis sous les pieds auprès des diffuseurs et des bailleurs de fonds ? Comment faire pour garder ces nouveaux rapports avec le public ? Pour que toutes ces possibilités puissent continuer de coexister ?

IL Y A URGENCE DE SE RÉUNIR SPÉCIFIQUEMENT POUR DISCUTER DE CETTE RÉALITÉ, DE CES ENJEUX !


_ Intégration des langages numériques à la scène – État des lieux

Un panel de discussion présenté sur Zoom le jeudi 4 novembre à 9h30.

Panélistes invités:

_ Laurence Régnier | Théâtre du Fol espoir _ Déambulatoire théâtral, Le sexe des pigeons peut compter sur une plateforme numérique exclusive au public invité. La compagnie a imaginé une expérience novatrice qui se décline dans le réel comme dans le virtuel. De chaque côté de l’écran, l’intimité est ainsi démultipliée.

_ Jeremy Segal | Youtheatre _ La compagnie qui a célébré son 50e anniversaire en 2018, cherche à créer des œuvres innovantes, interdisciplinaires et inoubliables qui interpellent les jeunes d’aujourd’hui. Les créations telles que Projet pupitre et Tout comme un rêve reflètent la préoccupation actuelle de Youtheatre d’intégrer les nouveaux médias dans son travail en espérant ainsi rendre le théâtre jeune public pertinent et contemporain.

_ William Gault | MAPP_MTL _ MAPP est né en 2016 du vœu d’offrir un terrain d’expression vitrine accessible aux talents montréalais tout en démocratisant et favorisant le développement du vidéo mapping. Leur festival annuel ainsi que l’ensemble des événements programmés tout au long de l’année s’inscrivent dans une volonté inclusive, solidaire et sont animés par la passion de l’exploration artistique. C’est aussi en proposant des ateliers créatifs à la portée de tous, ouvrant un véritable dialogue inclusif entre habitants, artistes et leur quartier que MAPP se positionne en tant qu’acteur actif et impliqué dans le rayonnement de cette pratique émergente.

(Animé par Benoît Vermeulen)


Jeudi 4 novembre 2021

Un panel formidable encore ce matin, avec des intervenant.es dont on connaissait moins le travail, un matin merveilleux de découvertes !

On se sent comme au quatrième jour de longue randonnée, étourdies, fatiguées, remplies, ne sachant pas ce que le prochain tronçon du sentier nous réserve. L’ascension d’hier était pour le moins enlevante, beaucoup d’énergie déployée. On va marcher plus lentement ce matin ! haha !

Les grandes notions qu’on retient sur le thème de l’intégration des langages numériques à la scène :

TEMPS

COMPLEXITÉ

DIALOGUE INTERDISCIPLINAIRE

POSTURE DU SPECTATEUR

ACCESSIBILITÉ

COÛTS FINANCIERS

 

Il faut du TEMPS pour bâtir des œuvres impliquant des langages numériques. Le temps de développer, de tester et d’apprivoiser les outils technologiques avec lesquels on veut travailler. Le temps de composer les différentes trames du spectacle et de les faire se mailler ensemble en un tout cohérent, le temps d’apprivoiser une équipe de travail souvent composée de créateurs en arts vivants et de créateurs numériques (développeurs…) et de se constituer un vocabulaire commun pour se comprendre et avancer dans la même direction, le temps de trouver le financement nécessaire à l’échafaudage du projet à toutes ses étapes (5 ans de création déjà pour le Sexe des pigeons…), le temps de tisser des partenariats de diffusion fort, fédérés autour de projets souvent très atypiques.

Les propositions scéniques impliquant les langages numériques sont généralement de nature COMPLEXE, naviguant dans les eaux riches des écritures scéniques, où chaque langage se marie aux autres en un tout qui entraîne le spectateur dans une expérience sensible, sensorielle, poétique, parfois même très abstraite, aux multiples couches de sens. La complexité se retrouve souvent aussi dans le fait de vouloir proposer au spectateur une expérience immersive où il peut choisir son point de vue. On parle souvent de créations tentaculaires, qui bouleversent les codes de la représentation théâtrale traditionnelle.

Le DIALOGUE INTERDISCIPLINAIRE est une caractéristique de la culture numérique. Et quand on parle de discipline, on ne parle pas que de discipline artistique. Le maillage entre différents partenaires permet de tirer profit des forces de chaque intervenant pour créer du sens ensemble. Il faut prévoir un temps d’apprivoisement, un temps pour se comprendre, apprendre mutuellement à connaître les forces et les limitations de nos médiums respectifs ! ÇA PREND DU TEMPS, mais ça CRÉE DE LA RICHESSE et possiblement des œuvres plus complexes et abouties.

Les œuvres présentées aujourd’hui semblent avoir un point de départ commun : proposer une approche expérientielle du théâtre. Souvent, la POSTURE DU SPECTATEUR dans l’œuvre est très réfléchie et on cherche à lui donner des choix quant au point de vue qu’il adoptera, à lui proposer une forme d’immersion, d’interaction. Cela est même parfois à la base même de la dramaturgie. Avec le Sexe des pigeons, le spectateur a de multiples possibilités dans la manière de vivre et recevoir l’œuvre, bénéficiant d’une expérience propre. Il y a quand même une belle part d’inconnu et d’aléatoire ! Il faut accepter qu’on ne contrôle pas tout, que la dramaturgie soit malléable selon le comportement du spectateur, sans perdre la cohérence de l’œuvre, puisque cette part de flexibilité est réfléchie au départ.

Contrairement à ce qu’on peut penser, les langages numériques peuvent permettre une plus grande ACCESSIBILITÉ des publics aux arts. MAPP_MTL est un excellent exemple de l’art dans la vie, dans l’espace public, auprès des publics. Leurs projets sortent des lieux habituels, s’emparent d’autres espaces et surprennent. Certains projets permettent même aux publics d’intervenir dans l’œuvre, de participer à la création. Les nouveautés technologiques donnent de nouvelles possibilités, certaines applications gratuites, en open source, facilitent le travail des artistes et rendent le travail de création numérique plus accessible. Le développement technologique entraîne une démocratisation des arts, une facilité à rejoindre les publics.

Un des gros défis de la création avec les langages numériques semble être les COÛTS FINANCIERS… La recherche et le développement des outils numériques ou technologiques, le temps d’écriture quand on compose au plateau, les disparités salariales entre les artistes et les boîtes de développement numérique, la diffusion qui souvent devient très coûteuse à cause des équipements, des temps de montage ou de grosses équipes de tournée, l’exigence de projets qui sortent de la norme, sur le plan de la forme, du lieu, des équipements, de la manière de convier le spectateur, ça peut être cher à produire, mais c’est aussi parfois cher à accueillir ! On a évoqué un grand défi par rapport à la diffusion de certains projets.

 

Qu’est-ce que ça apporte les langages numériques en arts vivants ?

Ça ouvre des espaces possibles

Créer un théâtre plus sensoriel, une expérience vécue avec le corps en temps réel

Immersion, interactivité avec le spectateur

Surprise, inattendu, étonnement

Unicité de la forme

Bousculer les codes théâtraux pour surprendre, toucher, déplacer, sortir le spectateur de ses sentiers battus

 

QUESTION

Comment garder l’organicité lorsqu’on mélange le numérique et le théâtre ?


_ Enjeux éthiques de l’adresse à l’enfance par le web

Une conférence de Mathieu Gagnon, éthicien et professeur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, présentée sur Zoom le vendredi 5 novembre à 9h30.

Titulaire d’un doctorat en psychopédagogie, d’une maitrise ainsi que d’un certificat en philosophie pour enfants, Mathieu Gagnon est professeur agrégé à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Directeur de l’équipe DéPhi et chercheur régulier au Groupe de recherche sur l’éducation éthique et l’éthique en éducation, ses champs d’expertise concerne l’éducation éthique, le développement de la pensée critique, l’épistémologie ainsi que les fondements en éducation.

Au cours des 20 dernières années, Mathieu Gagnon a œuvré de manière active au développement de la pratique du dialogue philosophique avec les enfants. Son expertise dans le domaine, que ce soit comme chercheur ou formateur, l’a conduit à publier différents ouvrages, articles scientifiques et professionnels ainsi qu’à prononcer plusieurs conférences sur invitation, tant au Québec qu’à l’international.

_ Cette activité fait partie du cycle de conférences LES SAVOIRS EN PARTAGE présenté par Le Cube et la Maison Théâtre.

 


Vendredi 5 novembre 2021

Wow, quelle conférence-discussion passionnante ! Nous sentons que ces questions autour des enjeux éthiques résonnent fort chez nos collègues et qu’ils. elles sont tout autant que nous interpellé. es par ces questions. Nous constatons cette envie profonde de réfléchir en collectivité à ces grands enjeux ! Nous sentons que le chantier de réflexions est bien entamé, mais qu’il reste encore beaucoup de questions en suspens et qu’il sera encore nécessaire de prendre le temps de s’y pencher ensemble.

Comme ça termine bien cette semaine chargée ! Nous sommes reconnaissantes au Cube de nous avoir permis de vivre cette résidence virtuelle avec vous. C’est une chance inouïe d’avoir pu prendre ce temps, en votre compagnie, pour réfléchir à nos pratiques. Prendre le temps de s’enrichir au contact des autres et de leurs expériences !

LE WEB FAIT PEUR, MAIS INTRIGUE AUSSI…

Le web nous fait peur et nous questionne fortement, mais on sent aussi une envie forte de nous saisir de ce médium pour l’explorer avec notre sensibilité et voir si on peut en faire ressortir quelque chose de beau et de riche.

L’envie de s’adresser à l’enfance par le web, mais pas à n’importe quel prix. On a envie de le faire en y ayant bien réfléchi et que nos décisions prennent appui sur des études et des réflexions collectives.

Un espace d’exploration, un laboratoire pour tenter un geste artistique qui, nous l’espérons, créera du sens et permettra de bâtir un espace sensible où la réflexion sera au cœur de l’œuvre.

ET SI ON VOYAIT LE WEB COMME UN OUTIL ?

John Blouin comparait le web à un outil comme le marteau. Doit-on empêcher les enfants de se servir d’un marteau, de peur qu’ils. elles se blessent ? Où doit-on les laisser seul.es avec le marteau pour l’expérimenter, en prenant le risque qu’ils. elles se blessent ? Ou encore, doit-on les accompagner dans leur apprentissage de l’utilisation du marteau, de sorte qu’ils. elles puissent s’en servir un jour de manière autonome, sans risque, afin de pouvoir bâtir ce qu’ils. elles veulent ?

Peut-être que de mettre un gros marteau lourd dans les mains d’un. e enfant d’un an n’est pas la meilleure des idées. Les capacités motrices et cognitives de l’enfant en si bas âge sont sans doute inadaptées à l’utilisation d’un tel outil. Son être n’est pas assez mature pour s’en servir. Mais à partir du moment où la science nous indique que l’enfant a atteint un stade de développement suffisant et que son corps et son cerveau sont prêts à apprendre à utiliser l’outil sans trop de risque, il est sans doute intéressant de l’amener à entamer cet apprentissage qui lui permettra de réaliser ultimement des projets stimulants, valorisants.

En rapportant cet exemple à l’outil qu’est internet, et prenant appui sur la conférence d’Adeline Dubreu-Béclin, nous croyons qu’il est sans doute intéressant de préférer l’accompagnement des enfants, à partir d’un certain âge (autour de 9 ans), dans leur utilisation d’internet. Les aider à développer leur sens critique par rapport à leur utilisation du web, aux impacts du temps d’écran sur leur corps et leur cerveau, aux types de contenus qu’ils. elles y consomment, à la notion de droit à l’image, etc…

Compte tenu du fait que la majorité des enfants sont présents sur le web, serait-il de notre responsabilité, comme artistes, de leur proposer d’autres types de contenus que ceux qu’ils consomment actuellement et dont la pertinence peut probablement être remise en question? Du contenu artistique, des œuvres d’arts web qui fassent appel à leur sensibilité, à leur intelligence, à leur sens critique et qui favorisent un partage des visions du monde qui nous animent, dans un esprit de dialogue et d’ouverture à l’autre ?

Le web serait-il un des chemins qui nous mènent vers les enfants, demande Manon Claveau ? Et notamment vers certains enfants qui ne fréquentent pas nos lieux culturels ?

LE RISQUE DE L’ART

Qu’importe la forme de l’œuvre, et qu’importe le soin qu’on accorde à l’accompagnement, à la médiation, il y a toujours une part d’incontrôlable dans la manière dont elle sera reçue ou perçue par le.la spectateur. trice. Il faut accepter que lorsqu’on met une œuvre au monde, on ne peut pas contrôler ce qu’elle déclenchera chez le.la récepteur. trice. Bien sûr, on peut mettre en place plusieurs choses, surtout quand on aborde des sujets dits sensibles, pour s’assurer d’entourer le moment de la réception de l’œuvre d’une forme de bienveillance. Mais en se commettant comme artiste, il y aura toujours cette part de risque qui fait qu’on ne sait pas quel chemin l’œuvre se frayera à l’intérieur de l’individu qui la reçoit. Et quelque part, c’est très bien ainsi. Il s’agit de l’intimité des spectateurs. trices. Évidemment, le web nous pose plus de questions que la représentation théâtrale par exemple, par rapport à cette notion d’accompagnement, de médiation, puisque l’objet sera souvent reçu dans la solitude, sans possibilité d’interagir avec d’autres récepteurs. trices, ni avec les créateurs. trices ou quelque accompagnant. e. Et ce souci qu’ont les créateurs. trices jeunes publics de soigner la manière dont leur travail atterrira démontre bien l’importance qu’ils. elles accordent aux enfants, du sérieux qu’ils. elles mettent dans leur adresse aux jeunes et de la bienveillance qui les guide dans tous leurs gestes artistiques. Toujours cette préoccupation du spectateur. trice, imbriquée au cœur de nos démarches de création.

LA SUITE DES CHOSES

Il sera intéressant de se réunir dans quelques années pour observer où nous en serons de nos réflexions face à la création numérique à l’adresse des jeunes publics. Quels projets seront nés ? Lesquels auront du succès ? Quels en seront les impacts sur les publics, sur le développement de la discipline ? Est-ce qu’un certain mouvement naîtra ou bien ça restera des gestes isolés ? Quelle place les enfants auront dans ce dialogue autour d’enjeux dont ils. elles sont le sujet principal ? De quelle manière auraient-ils.elles envie d’être interpellé. es dans le cadre de projets numériques, quel espace de parole voudraient-ils.elles prendre ?

EN CONCLUSION

Après une semaine très dense, nous devrons prendre un temps de recul pour laisser toutes ces interrogations soulevées faire leur chemin en nous.

Ce n’est pas parce que la semaine est terminée que la réflexion est arrêtée. La communauté artistique est donc invitée à maintenir le chantier actif et à partager ses idées, ses questionnements, ses envies avec nous et avec le Cube au long de la saison et au-delà. Les enjeux de la création numérique en jeune public n’en sont qu’aux premiers balbutiements, il sera important de maintenir des espaces pour s’interroger collectivement à ce sujet et observer nos pratiques évoluer, en maintenant un regard critique sur elles.

On a pu constater à quel point la création numérique en direction de l’enfance est diversifiée. Et tant d’autres volets de la création jeune public sont à traiter, à penser, à partager ! Ces moments sont tellement nécessaires à nourrir nos pratiques et nos solidarités, nous ne nous en lassons pas, personnellement ! Même si la vie va vite, nous avons BESOIN de poser ces temps pour être avec vous et vibrer à ce qui nous unit. Si vous avez des idées pour maintenir des espaces d’échanges, nous vous invitons vivement à les partager, à contribuer à les mettre en branle, à faire grandir notre communauté.


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