LA POSTE - Une correspondance anonyme

C & M

Au printemps 2024, Le Cube préparait la venue au pays d’un artiste étranger pour une résidence de recherche de deux mois à Montréal. Nous l’avons invité à entreprendre une correspondance anonyme avec une artiste d’ici qui a bien voulu se prêter au jeu.

Voici les lettres qui ont été échangées entre M et C…

LETTRE # 1 :
M à C

première lettre -/. l’accueil et la vérité

cher c
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je voulais commencer ma lettre par un poème ou une citation célèbre d’un artiste
mais je n’en ai pas trouvé ce qui me plaisait ou me semblait assez juste pour ce premier bonjour sortant de nulle part
pour débuter une correspondance dont je ne sais encore rien
je ne sentais pas naturel de lancer les mots d’une autre personne qui allait rebondir sur le mur de je-ne-sais-qui 🙂

je ne sais pas comment débuter cet échange de mots qui mènera peut-être à un port et qui met les voiles vers l’inconnu.

je me présente comme m, je suis m, je suis

je suis très nul avec les mots écrits, ils me font peur
je préfère la parole, car elle est
éphémère

et la parole écrite est si⋯ présente, ici, solide, on peut la voir et parfois on peut la toucher.

les choses qui sont là mais qu’on ne peut pas toucher sont mes choses préférées au monde, le son, la lumière, le vent ou la chaleur. je travaille habituellement avec ces matériaux, le subjectif du néant, les choses qui infléchissent les objets et leur physicalité, comment les choses changent
je travaille avec la lumière
donc l’idée du langage secret de l’invisible est l’une de mes choses préférées
je travaille en théâtre et en danse, appréciant davantage le travail chorégraphique à cause du mouvement, des temps, des reflets, je crois qu’en tant qu’artiste de la lumière nous sommes capables de créer une dramaturgie
de la lumière et du temps.

ce n’est pas la même chose d’allumer une lumière en 5 secondes que dans un «cue» de 45 secondes qui invite l’œil de l’observateur à découvrir corps/décor/scène/accessoire dans une phase très lente et calme, je crois que ça aide à créer des histoires dans la tête du spectateur, ce moment de travail cérébral à partir du néant est très amusant pour moi à créer, comme une invitation à déballer une scène afin que nous soyons tous à la même page, dans la convention du théâtre.

j’ai aussi observé dans mon travail avec les bébés et les jeunes enfants que généralement nous pensons en tant qu’adultes que les tout-petits ont besoin d’être constamment stimulés afin de capter leur attention, mais j’aime prouver que c’est faux et qu’un bébé peut contempler quelque chose pendant 15-20 minutes d’affilée, observer les formes, les figures, comme nous le faisons, nous les adultes au théâtre, et après avoir lentement cherché à comprendre ce qu’il peut faire de ces objets, il est prêt à être diverti et à jouer.

eh bien, je pourrais parler encore longtemps des bébés et de la lumière, mes principaux sujets de recherches artistiques sont le jeu et la lumière

désolé pour cette lettre tardive qui est peut-être trop polie, peut-être que je me détendrai un peu avec ta réponse à ma lettre alors que j’en apprendrai plus sur toi

m

LETTRE # 2 :
C à M

deuxième lettre -/. le retour d’une bouteille

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cher m.

Quelle joie de lire cette première bouteille à la mer, qui je l’espère retrouvera un rivage apaisé. Je me plais à jouer au jeu des mots qui, une fois traduits, subiront quelques changements naturels. Je promets de ne pas trop réfléchir et de plonger dans cet anonymat reposant.

Je me présenterai donc à mon tour, heureuse de lire que nous partageons cet amour de l’intangible. Je suis metteuse en scène et m’intéresse surtout au public des bébés, qui se trouvent entre deux altitudes, entre la terre et quelque chose d’aérien. Le mouvement, comme tu le décris, est aussi quelque chose que je chéris, mais de façon tout à fait récente. Absorbée par la puissance de la matière, par les mots qui deviennent musique, j’ai longtemps hésité à utiliser cet autre langage qu’est le corps. Je le considérais comme l’outil d’une présence qui n’avait besoin que de respirer ici et là pour être pertinent. Je suis plutôt désormais à la recherche de mouvements théâtralisés, à mi-chemin entre la danse et une langue des signes inconnue, mais expressive. La lumière est quelque chose de tout à fait précieux dans ses histoires que l’on se construit, aussi je suis amplement d’accord avec la vision que tu en as et qui est bien formulée.

Cela m’amène à penser à une récente expérience collective que nous avons vécue ici il y a peu de temps et qui relève de la lumière ; le 8 avril 2024 dernier a eu lieu ici une éclipse totale qui nous a plongés dans un monde surréel. La société mise en arrêt le temps de ce spectacle offert par les astres, nous avons vécu de façon grandiose une altération de la lumière qui nous a tous chamboulés. Avant et après l’éclipse totale, la lumière s’est modifiée à vive allure, nous plongeant dans un tiers monde des plus étranges ; jamais nous n’avions été témoins de ce type d’éclairage, de cette qualité précise de lumière. Avant qu’arrive la noirceur complète, la pénombre gorgée de lumière chaude a marqué les esprits. Je crois que jamais nous ne retrouverons une lumière pareille. Cette rareté fait la beauté de l’événement.

Tout récemment, j’éprouve de la difficulté à mettre ensemble les morceaux de ce que sera ma prochaine proposition artistique. Trop d’élans, d’intérêts et de possibles m’intéressent. Les idées ne dialoguent pas toujours ensemble. Je me sens étourdie, un peu perdue, dans l’assemblage des médiums artistiques et de leur portée. Autour de moi, ces transgressions disciplinaires sont communes et créent souvent ce genre d’inconfort, de questionnement. Ne faut-il pas se définir soi-même d’abord pour mieux se présenter au monde ?

Le bébé, lui, ne me mettra dans aucune case. Je me rattache à ces moments de rencontre, fortement ancré dans un présent hors du temps.

Te lire encore sera un réel plaisir.

C.

 

LETTRE # 3 :
M à C

Cher C :

tout d’abord, je tiens à te présenter mes excuses, les journées ont été très chargées et remplies de moments de vertige depuis que j’ai reçu ta lettre, je suis allé à Cuba pour un congrès mondial d’ASSITEJ. Ces journées là-bas étaient remplies de flou à cause du manque d’organisation, de la chaleur, des ateliers et des nombreuses rencontres
comme un ballon rempli d’hélium, mon esprit voulait s’envoler avec toutes les bonnes choses que Cuba m’apportait, mais ne pouvait pas le faire à cause des mauvaises choses que Cuba m’a également données (je ne parle pas du pays en lui-même mais plutôt du congrès de 2 semaines).

je crois que cette expérience m’a donné une voix que je ne pensais pas avoir, je suis généralement quelqu’un de timide mais lors de mon séjour là-bas il y a eu vraiment beaucoup de mauvaises connexions et d’interprétations erronées parmi le groupe présent au congrès et que ne pouvions plus ignorer.
nous nous sommes donc unis pour commencer à construire un échange interculturel et des mécanismes de réseautage qui pourraient fonctionner autrement. je me suis fait de nouveaux amis et c’est toujours bien.

c’était beaucoup
beaucoup
beaucoup

je suis revenu optimiste et avec de nouvelles questions sur les choses
que je fais
pour qui
avec qui
la façon dont je les fais
etc

je ne sais pas si nous partageons ce sentiment que, parce que nous sommes adultes et que nous sommes allés à l’école la plupart de notre vie, nous avons généralement tendance à vouloir que TOUT ait une réponse, TOUT
À CHAQUE INSTANT
À CHAQUE ENDROIT
À CHAQUE SECONDE
mais je préfère la belle incertitude qu’amènent les questions
en fait, quand vous n’obtenez pas de réponse, vous obtenez plus de questions

à ce moment, vous réalisez qu’il y a encore plus de choses à remettre en question et à considérer avant de répondre à la première question – AAAAAAAAAAAAAAAAAAH-
le pouvoir de l’amusement
c’est ce je l’appelle
l’inépuisable découverte

voilà ce que je ressentais quand j’ai commencé à me perdre dans le travail, mais ces jours-ci je me suis beaucoup interrogé sur le sens des choses que je fais et pour qui je les fais

peut-être que ces mots te paraitront tristes ou pessimistes, mais en fait c’est plutôt l’inverse, je me sens très bien en me remettant en question et en me posant des questions sur le chemin que j’ai parcouru en art pour les jeunes publics et en particulier pour les bébés.

Je te lis et je connecte avec le vertige du premier départ d’une nouvelle exploration artistique, c’est parfois accablant parce que nous portons la responsabilité de ce que nous voulons partager avec eux
parce qu’en fin de compte
nous travaillons pour eux
loin de l’idée qu’on se fait du THÉÂTRE
un bon ami m’a dit un jour – J’aime que tu fasses du théâtre pour ceux qui n’applaudissent pas, mais qui vous rendent le merci par un geste, en vous prenant la main pendant un moment, en riant ou même qui se sentent si en sécurité durant votre pièce qu’ils s’endorment.

ces jours difficiles passés au congrès ont allumé en moi l’idée de créer plus de réseautage, plus de questions, plus de liens, d’être plus préparé pour les choses que je veux créer et partager.
—————————————————-parenthèse ————————————————
moi aussi j’ai adoré l’ÉCLIPSE, ici dans ma ville ce n’était pas l’obscurité totale mais les gens s’arrêtaient aussi et ont fait la fête comme si c’était le réveillon du Nouvel An, certaines personnes comme moi n’étaient pas préparées à regarder l’éclipse avec des appareils ou des lunettes, mais je me suis amusé avec les ombres, tu sais ces belles ombres qui traversent les arbres, et créent une texture, je ne m’étais pas imaginé que l’éclipse se manifesterait avec 100 000 reflets sur le sol, et donc pendant un moment nous avons vu 100 000 petites éclipses sur le sol.
et je ne sais pas si tu as remarqué comment la lumière est devenue grisâtre comme si quelqu’un mettait un film noir sur tout, ou comme quand on porte des lunettes de soleil, je me suis même senti très étourdi.
——————————————————fin de la parenthèse——————————————

Comment appréhendes-tu ton nouveau processus de création, comment fais-tu pour trouver les bons mots pour l’expliquer (c’est difficile pour moi parce que c’est comme si je devais défendre mon travail chaque fois)
ne suffit-il pas simplement d’exister?
les bébés agissent de cette façon avec nous
pour eux, chaque chose qu’ils voient et les entoure est aussi important l’une que l’autre 🙂

gros câlin, désolé pour la longue pause et la soupe de mots et d’idées que je viens de jeter dans ta marmite.

M

LETTRE # 4 :
C à M

Lettre pour m.

Août 2024

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Cher M.

À mon tour d’avoir tardé à te réécrire. Il me plaira, je crois, de faire un survol des derniers mois par écrit, question d’en faire la revue avec des yeux neufs. J’ai adoré lire le témoignage de ton passage à Cuba ; tes mots sont emplis de sagesse. Les questions que tu te poses n’ont pas de frontières. Je les partage entièrement. En acceptant (et en regardant en face) nos nombreuses contradictions, on finit par accepter l’inconfort de ces mouvements intérieurs.

Je crée pour les bébés, mais je crée d’abord pour moi en tant que premier public. Je mets en scène ce qu’il me ravirait de voir. Je suis un mélange de considération, d’altruisme, et d’égoïsme pur. Accepter cet égocentrisme comme le signe d’une boussole intérieure; c’est l’histoire qu’il me plait de me raconter.

Notre équipe a terminé ce printemps la création de notre première œuvre extérieure pour les tout-petits. Nous l’avons ensuite confrontée au public durant le mois de juillet, et je sors ainsi un peu de ce tsunami d’émotions qui caractérise le relâchement d’une nouvelle œuvre dans la nature. J’ai été très occupée. Je l’accompagne de loin, observant les réactions des petits spectateurs parfois noyés dans une mare de monde. Je travaille intérieurement à accepter cette perte de proximité, d’intimité, au profit d’un éclatement artistique intéressant. J’aime l’adaptabilité obligée qu’impose un territoire. J’apprivoise cette perte de contrôle, avec plus de plaisir que je ne le croyais. Cette création a été commandée cet automne; j’ai rarement travaillé aussi rapidement, avec un tel sentiment d’urgence. Bien que je sois fière et heureuse de cet aboutissement, je préfère macérer dans mes idées bien davantage.

Comment décrire avec justesse cette nouvelle relation avec le public ? Nous avons remplacé la parole par le mouvement, le regard direct avec un horizon très large. Nous n’entendons pas nos respirations respectives dans cette distance. Nous ne sommes plus le centre d’intérêt, mais un objet étrange dans un paysage familier. Je ne sais ce qui me retient de plonger complètement dans cette expérience; je pense que l’intimité me manque.

Tu mentionnes être plutôt du type timide. Je fais aussi partie de la catégorie des introvertis. Je pense que mon rôle de metteuse en scène me permet de le revendiquer avec aisance. Je découvre le plaisir de me retirer des foules et de laisser aller les équipes sur le terrain. C’est COMPLÈTEMENT nouveau pour moi, d’accepter cette distance. Je me surprends à l’adorer.

Vient maintenant la question de la récolte, à la suite de ces mois de travail acharné :

Qu’est-ce que je m’attends à recevoir, une fois l’œuvre terminée ? Qu’est-ce que je considère comme un juste retour ? À quel moment suis-je remplie, et pourquoi ? Dans quoi prend racine mon sentiment du devoir accompli ? Comment se manifeste chez moi la satisfaction ? N’est-ce pas mieux de viser plutôt le contentement ?

Si ces questions t’ont déjà habité, peut-être as-tu quelques pistes pour moi. J’aime que la qualité de notre présence commune, avec les bébés, soit pour toi un indicateur de cette appréciation. La qualité de présence est aussi pour moi un élément phare. Bien qu’elle se forge avec le temps, je me questionne toujours sur la meilleure façon de la cultiver et de la transmettre aux interprètes. À chaque projet, une partie de notre équipe artistique se confronte aux bébés pour une première fois. J’espère bien les y accompagner et souhaite à tout le monde ce coup de foudre absolu.

Je ne sais pas si c’est le cas au Mexique, mais la pratique artistique en direction des bébés est assez modeste ici. Je dois dire qu’elle est assez jeune. Sur une note positive, cela veut aussi dire que tout est à faire. Il est stimulant (et périlleux) de défricher de nouveaux chemins. Cela requiert aussi un savant dosage d’énergie.

 Je crois que ta résidence au Québec approche à grands pas, si elle n’est pas déjà entamée. J’aimerais beaucoup en savoir plus sur le travail que tu envisages, si notre correspondance se poursuit. Je te souhaite toute la paix d’esprit possible pour cette étape de travail, et de riches et nombreuses rencontres.

Bien à toi.

C.

LETTRE # 5 :
M à C

Chère C.
Bonjour, un mois de retard, je suis désolé, il s’est passé beaucoup de choses.

Réunion de famille, un ami à moi s’est marié, mon frère s’est marié, j’ai été invité à faire un séminaire (de quoi? je ne sais pas, je ne me sens pas prêt à parler mais bon, quelque chose que je ne partagerai pas), un vol international, 2 heures de retard à la douane, rencontrer Martin (<3) qui est un être humain adorable, découvrir la ville, marcher, observer, parler, ne pas comprendre le français, être un touriste mais être ici depuis 3 semaines.

je veux dire que c’est beaucoup, désolé pour le silence mais ta dernière lettre était un gros nuage de questions, je partage la plupart d’entre elles parce que, comme presque toutes les comédies romantiques de la fin des années 2010 le disent – been there / done that – d’autres questions qui m’étaient nouvelles ont mis en mots les sentiments que j’ai quand je partage un projet avec le public, les gens, les enfants.

la plus importante ou celle qui résonne toujours dans ma tête est – quand est-ce qu’on s’arrête ? ou quand savons-nous que nous avons terminé le travail ? quand le travail est-il fini ?

je me pose toujours cette question aussi, parce que les enfants ont des contextes, des temps, des moments et des espaces différents, donc c’est très idéaliste de dire que notre jeu sera le même ici et là, je veux dire bien sûr que c’est le cas dans tous les types de théâtre ou d’arts, pour les adultes aussi, mais nous travaillons avec les enfants et j’ai l’impression que notre travail est toujours plus -> spécifique <- ou du moins doit être plus axé sur les enfants.

nous partons toujours d’une question ou d’une croyance personnelle oui mais après cela nous mélangeons toutes nos idées et conceptions du monde et créons MAIS ce que j’expérimente avec les tout-petits c’est créer un espace au-delà de ces croyances ou convictions afin de rehausser l’expérience des enfants.

je veux dire – oui bien sûr nous créons à partir de nous, nous sommes des artistes et des adultes, nous possédons une expertise et des études qui valident notre travail (je plaisante) mais moi en tant que créateur je ne veux pas être adulte et caricaturer l’expérience. Personnellement, je ne dis jamais qu’une œuvre est terminée ou prête, car je pose toujours de nouvelles questions en fonction des réponses des enfants à chaque spectacle et j’essaie de nouvelles choses à chaque fois, même de petites choses comme un regard ou une posture ou juste un geste.

Je pense qu’il faut être le plus sincère et le plus honnête possible sur scène pour eux, donc je pose constamment de nouvelles questions à mes partenaires et à moi-même afin que la petite souris dans mon cerveau à continuer de courir et pour ne pas figer une idée de ce qui devrait se passer sur scène. C’est comme ça que j’aime garder les choses fraîches.

Alors je ne sais pas quand l’œuvre est prête, car je ne veux pas être prêt, peut-être que je m’ennuierais si j’avais l’impression que la pièce a fait son travail et est accomplie et que moi ou mon partenaire avons terminé la tâche pour laquelle cette pièce a été créée.
Je ne sais pas si j’arrive à me faire comprendre ou si mes mots sont flous.

et aussi pour la question du lâcher prise et de laisser le travail faire son œuvre – je regarde mes spectacles comme mes bébés, je les aime, je prends soin d’eux, je les nourris de mes propres idées, mais nous devons les laisser marcher et courir et révéler par eux-mêmes les significations secrètes qu’ils ont à nous dire.

parfois les œuvres me disent des choses que je n’avais pas imaginées à travers ma mise en scène, parfois les enfants ou les parents me parlent de perceptions TOTALEMENT DIFFÉRENTES de ce qui se passait pendant la pièce, et ces expériences ne se produisent que lorsque je me lâche et que je n’essaie pas de contrôler tous les points de vue et (encore une fois) je m’oblige à me poser de nouvelles questions sur la pièce et comment je peux l’aborder pour modifier ou rediriger les choses pour créer une image plus large de la pièce.

maintenant, je crée une nouvelle pièce ici, à Montréal, et je me sens dépassée parce qu’il y a BEAUCOUP à prendre de cette ville, et une résidence en espace libre, c’est comme OK, mais avec la liberté vient beaucoup de responsabilités silencieuses et j’essaie de créer (sans forcer) une véritable œuvre dont je serai fier de partager, comme un merci beaucoup à Montréal et à ses habitants, j’ai beaucoup appris de moi simplement en étant ici et en marchant et en marchant.

Encore désolé pour le fouillis de cette lettre, ces jours-ci je me suis posé beaucoup de questions sur ce que je fais et comment je le fais et les réponses je n’aime pas les réponses que j’obtiens, alors j’essaie de construire de nouveaux points de vue.

j’aime Montréal et son amour de la nature, et aussi l’amour du graphisme.
j’aime le style d’illustration très détendu et drôle et les couleurs vibrantes, très color block mind, ou le style à main levée.

nous allons nous rencontrer bientôt et peut-être qu’en personne nous pourrons encore parler de cela et d’autres sujets, je suis très nerveux et excité.

désolé pour la lettre en désordre

gros câlin
de m.

 

LA RÉVÉLATION

Le 19 septembre 2024, Le Cube conviait les deux artistes à se dévoiler lors d’une rencontre organisée au Livart, à Montréal..

 

 

Anne-Sophie Tougas et Mauricio Arizona Garcia

 

 

       

Mauricio Arizona Garcia

Mauricio est un artiste de la scène diplômé en scénographie avec spécialisation en conception d’éclairage de l’École nationale de théâtre du Mexique de l’Institut national des beaux-arts. Il a collaboré à diverses productions de théâtre, de danse, de musique et de multimédia en tant que concepteur de décors, de costumes et d’éclairage, en collaboration avec des créateurs nationaux et internationaux.

Fondateur du projet d’expériences scéniques et d’espaces de jeu pour les tout-petits – UNA CANASTA DE LIMONES – en 2019, il a mis en scène 3 pièces de théâtre et créé des installations de jeu à différentes occasions dans plusieurs États du pays.

Invité à collaborer à des résidences artistiques dans des pays comme la Serbie, Cuba, l’Allemagne, le Mexique et le Canada, il fait partie du réseau ibéro-américain Vincular et du réseau Miradas Mexico de théâtre pour le jeune public.

Il était en résidence au Cube du 27 août au 27 octobre 2024 pour son projet Rwar!

Anne-Sophie Tougas

Anne-Sophie est une artiste multidisciplinaire qui ancre sa pratique dans les arts pour jeunes publics depuis 2014. Elle travaille notamment en mise en scène et développe une écriture dramatique propre à la petite enfance. Depuis sa sortie de l’Option Théâtre du Collège Lionel-Groulx, elle travaille comme interprète dans des œuvres de théâtre musical, dans des opérettes et des spectacles jeunes publics. Elle fonde Cabane Théâtre en 2015 et y crée deux productions ainsi que plusieurs ateliers de sensibilisation aux arts. Depuis 2019, elle participe à un projet unissant des artistes québécois et belges dans la création de courte-forme autour du livre jeunesse, en collaboration avec le festival Casteliers, le Vivier et le Theater Spiegel (Flandre).

Parallèlement à son parcours artistique, elle étudie et travaille en médiation culturelle auprès de plusieurs organismes (la Maison Théâtre, Des mots d’la dynamite, Voyageurs Immobiles, compagnie de création et au compte de Cabane Théâtre). Des projets hybrides mêlant co-création, exposition sonore et parcours extérieur permettent à l’organisme d’entrer en contact avec les petits et grands citoyens.